Trouvé par hasard sur un blog. C'est la première fois que je lis une démonstration aussi magistrale : en gros, la valeur en Bourse de l'entreprise du fils de Suharto diminue à mesure que l'on apprend de mauvaises nouvelles sur la santé de son père, le dictateur.

Ca veut dire, en allant vite, que les actionnaires de l'entreprise du fils savent que la boite ne gagne du fric que grâce à la corruption permise (encouragée?) par le père. DOnc si le père meurt, la boite du fils ne vaudra plus rien. Donc on vend les actions en Bourse, avant que les actions de la boite ne valent plus rien. C'est spectaculaire...

cela dit, je suis très énervé par les donneurs de leçons du Nord sur la corruption dans les pays du Sud, car ils feraient souvent mieux de balayer devant leur porte et la porte de leurs cousins, les grandes entreprises. Qui se rappelle aujourd'hui de Wolfofitz, le faucon prévaricateur à la tête de la Banque mondiale ?

Et la corruption, c'est un phénomène compliqué culturel, qui mérite des analyse plus sophistiquées qu'une simple condamnation morale. Voir les travaux magnifiques de Jacques Ould Aoudia par exemple ici sur la gouvernance dans les pays du Sud.